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Sunday, November 27, 2005

A l'aventure !
On m'a livré le bateau, reste à traverser l'océan. Depuis hier samedi La Fille de l'Aventurier est en vente à la Fnac de Velizy. Merci Elodie, Charlotte, Nathalie, Claire, Naïma et Sofi. Que des filles, et franchement ça me plait bien.
Le livre est également disponible par internet sur le site de la Fnac. Il est aussi possible de le commander dans n'importe quelle Fnac de France (livraison prévue 4 à 8 jours). Et bientôt en ligne sur le site de l'association de la maison d'édition Croiser le Faire.
C'est euphorisant : nous avons reçu le premier bon de commande de la SFL qui assure la distribution des livres dans les magasins Fnac. Le navire n'est encore qu'une coquille de noix, et l'océan est glouton pour ces embarcations sommaires. Mais peu importe ! Nous avons fait le plus difficile : nous avons quitté l'Espagne. Que les dauphins nous accompagnent et que le vent nous porte aussi loin que possible.

Tuesday, November 08, 2005

3 cartons
C'est ce qu'il faut pour contenir les 200 exemplaires que j'ai reçus hier ;)
Voilà, il est enfin là, il s'appelle "La Fille de l'aventurier", il est très beau, je suis très content, il est fidèle à ce que j'en attendais, les parents se portent bien.
Content.

Sunday, November 06, 2005

Et si attendre était tout...
Le délai est dépassé, on m'avait dit 2 à 3 semaines, certainement avant la fin du mois...
J'ai appris il y a peu que ce ne serait pas aussi simple de faire référencer "La Fille de l'aventurier" à la Fnac. De mon temps (...) il suffisait d'entrer les références du livre dans la base de données du magasin pour que le livre existe, simplement. Aujourd'hui il faut composer avec la Division Produit, qui centralise tout. Avantage : une fois référencé, le titre existe pour toutes les Fnac. Problème : c'est beaucoup plus difficile de le faire référencer. Certains échos me font croire que la forteresse du siège de la Fnac est une pire administration, rongée par le cloisonnement hiérarchique, les jalousies et les luttes de pouvoir. Une entreprise, en somme. Enfin bref.
Je profite des heures d'attente pour peaufiner un plan d'action, une tactique d'attaque. Que ceux qui veulent en être lèvent l'e-mail !

Tuesday, November 01, 2005

Les heures passent, mais j'aboie toujours
Ce n'est qu'une question d'heures avant que je ne reçoive un coup de fil de l'imprimeur. Des mois de travail, des mois de plaisir à créer un livre avec une équipe d'une qualité rare. Le tout symbolisé par un volume de quelques grammes et d'une poignée de pages. A quelques heures encore de la fin des quelques mois. A quelques heures déjà.

Sunday, February 06, 2005

Croiser le faire
A la relecture de ce blog, je me suis rendu compte que ça faisait un an que j'avais pris la décision de créer une association d'édition. Le projet n'a pas été abandonné : il a muri. Aujourd'hui l'association existe, son bureau est constitué, ses statuts déposés. Le retour de la préfecture sera le feu vert pour demander à l'organisme compétent les codes isbn des titres à venir.
Je retravaille la matière première. Le premier texte est bientôt prêt. Les choses avancent. Il faut présenter ce que l'on fait contre ce que les éditeurs nous empêchent de faire. Faire, et se battre. Faire, c'est se battre. Il faut croiser le faire.

Wednesday, May 19, 2004

Dublin Banlieue Blues
Il y avait bien longtemps que j’étais parti. J’avais voulu tenter ma chance à Londres, où finissent tous les étudiants dublinois qui espèrent encore faire fortune un jour, ou du moins ne pas finir complètement comme leurs pères. J’en avais eu plus qu’assez de cette banlieue anonyme où rien ne ressemble à l’histoire. L’histoire, elle se déroule toujours dans les capitales, Paris, Berlin, Moscou, New York… On n’a jamais vu un roman de maître avoir lieu dans une banlieue. Il ne peut jamais rien s’y passer. On y dort. Les maisons aux briques rouges sont toutes les mêmes, ce qui interdit d’avoir une identité. Les rues sont toutes perpendiculaires, ce qui interdit les surprises. Les lampadaires crachent des lueurs plus repoussantes que l’obscurité, mais de toute façon plus rien n’est jamais obscur, ce qui interdit de flirter. Même la pluie a l’air de s’emmerder. « Les Irlandais sont les Noirs de l’Europe, les gens de Dublin sont les Noirs de l’Irlande, et ceux des quartiers nord sont les Noirs de Dublin », disait un type dans les Commitments d’Alan Parker. Mais moi je ne suis pas fier d’être noir. Si tout le monde l’est autour de soi, qu’est-ce que ça vaut ?
De toute façon je n’allais même plus à Dublin. A quoi bon : je n’y vivais pas et n’y vivrais jamais, toute ma vie avait baigné non pas à Dublin mais dans la banlieue, ce qui n’a rien à voir. Alors Dublin, autant commencer tout de suite à ne plus rien y faire. Et puis, il fallait que je bouge, que je sorte de là, que j’aille loin. Dublin n’était pas loin. Dublin était aussi proche et inaccessible, attirant et repoussant qu’une prostituée. Ca ne valait plus le coup. Ca n’aurait fait que reculer l’inévitable : partir. Qu’est-ce que je laissais derrière moi ? Des habitudes. Le Paddy sans glace que je prenais tous les vendredis en sortant de l’usine, au Mahoney’s, ce pub crasseux où je m’étais inventé cette manie de buveur solitaire, histoire d’avoir mon histoire. Quelques potes de circonstance, pour les soirs de match, qui m’oublieraient vite. Des ex que je remettais régulièrement dans mon lit pour une nuit, à défaut de rencontrer d’autres femmes, et qui s’en satisfaisaient autant que moi. C’est au Mahoney’s que j’ai compris que je n’avais plus rien à faire ici. Je regardais les vieux qui ne me voyaient pas, et j’ai réalisé ce que je savais déjà : rester un jour de plus, c’était finir comme eux, c’était signer pour cette vie. J’ai vidé mon verre, j’ai dit « Pas pour moi », et je suis sorti. J’ai failli jeter un dernier regard dans le pub : est-ce que quelqu’un allait me souhaiter bonne nuit ? Est-ce que seulement quelqu’un allait me suivre des yeux jusqu’à la porte ? Mais j’ai su que ça ne servirait à rien.
Malgré tout je n’ai jamais voulu croire à une quelconque fatalité. Mon départ pour Londres devait marquer une nouvelle chance, comme une tentative de ne pas se planter. Londres et ses quartiers si différents les uns des autres, Londres où la vie bouillonne, Londres où l’on vous parle toutes les langues, Londres où le simple fait de déambuler dans une capitale aussi célèbre et riche vous fait sentir que vous êtes déjà quelqu’un. Vous y êtes, et c’est déjà énorme. Vous pouvez vous visualiser sur une mappemonde. Vous pouvez vous dire qu’en ce moment même quelqu’un au bout du monde rêve d’être à votre place. Les premiers temps, quand on me demandait d’où je venais, je répondais Dublin, et c’était un mensonge, mais qui aurait été intéressé de connaître le nom exact de la petite ville minable où j’étais né, où j’avais grandi, et que j’avais laissée derrière moi comme on quitte une mauvaise passe. Le temps de prendre mes marques, et j’étais désormais fier d’être Londonien. Ma vie à mes yeux commençait à avoir un sens.
Mais je n’étais pas Lisa Minelli et le fait d’être à Londres ne suffit pas à faire de moi une star. Irlandais au royaume des protestants, je découvris rapidement un racisme d’autant plus surprenant que j’étais athée. Seulement voilà : dans les bars où l’alcool n’est pas cher, commander une Guinness vous rend suspect. Vous pourriez être un néo-nazi, tout le monde s’en fout. Mais vous êtes Irlandais, et quoi que vous pensiez de l’humanité ne vous l’enlèvera pas. J’ai changé de bar, à défaut de lieu de naissance.
J’ai rejoint la communauté irlandaise de la ville. Chaque discussion tournait autour du pays, des nouvelles de là-bas, de nos frères, de notre capitale, et comment s’en sortir ici. Tout ce que j’avais fui se retrouvait concentré dans ces réunions aux allures clandestines. Parmi mes compatriotes non plus, je n’étais pas un individu à part entière : je n’étais qu’un frère qu’il fallait défendre, aider, sinon à vivre ici, au moins à retourner chez lui. Terre promise que celle que j’avais quittée.
J’ai donc traversé seul les petits jobs et les apparts lugubres, je me suis refait une collection d’ex toujours prêtes et de potes de soirs de match. Seul j’ai vu du pays, négocié des salaires, plaqué des jobs invivables. Seul, je suis resté peu de choses. Toujours plus, en tout cas, que parmi la foule anonyme capable de peupler une capitale des fantômes de ses rêves. J’ai mis sept ans à avorter des miens. A trente trois ans, triste et résigné, j’ai compris qu’était venue l’heure de la rédemption. Je suis retourné au pays.
J’ignore pourquoi : la première chose que j’ai faite en sortant de Dublin fut de marcher droit vers ces sales habitudes que j’avais fuies. Coup de fil aux copains, qui ne se souviennent plus. Coup de sonnette chez les ex, qui laissent leurs maris ouvrir. Je passe devant l’usine, ruinée. Le Mahoney’s est toujours là lui. Je me demande qui sera capable de fermer un pub, même celui-là, paumé au milieu de nulle part et ou personne n’a ses habitudes. Je pousse la porte et personne ne se retourne. Les mêmes soiffards sont toujours là, à peine plus ridés. Je pose mes fesses sur un tabouret à l’écart et mes coudes sur le comptoir. Je commande un Paddy au barman, toujours là lui aussi. Si je n’étais pas revenu, je ne me serais jamais souvenu de lui. Il me répond « Sans glace, hein ? », et je souris.

Thursday, May 13, 2004

Salauds de poètes !
Dans l'Adieu au Roi, de Pierre Schoendoerffer, l'un des personnages a cette réplique : "Si nous n'avons pas vécu en combattant notre mort est juste, comme il est juste que le boeuf à l'engrais soit mené à l'abattoir. Qu'est-ce que c'est que ce courage ? Qu'est-ce que c'est que d'être brave devant la mort si on a été lâche devant la vie ? Il faut que notre mort soit une injustice !"
Et voilà, aussi, avec des phrases pareilles, impossible de se relever ! Ou plutôt non : impossible de ne pas tout faire pour rester debout. Hors de question de tomber ! Il est temps de me remettre au travail...

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